Exposition « L’envol » d’Arman Tadevosyan

L’exposition présente un ensemble de grandes peintures à l’huile sur toile, oeuvre dont on peut distinguer deux périodes distinctes : les premières sont nées entre 2005 et 2009 en Arménie, dès avant la fin des études de l’artiste à l’Ecole des Beaux-Arts de Gyumri; les dernières ont été peintes en France entre 2010 et 2017, à Nancy, où l’artiste s’est installé.

Lors d’une première présentation au public français en 2012 à Nancy, l’artiste avait appelé sa première série « Corps isolés »… Il arrivait alors de fraîche date de son pays natal, l’Arménie, qui tentait difficilement de s’émanciper de la Russie et en payait le prix au niveau économique : la vie y était dure, et un certain sentiment d’angoisse et d’isolement planait encore sur le peintre… Toujours est-il que la palette en est sombre, et les sujets d’inspiration parfois tragiques : Exil, Crucifixion, Descente de croix, Pieta… Arman parlait alors, pour éclairer la genèse de son travail, de l’influence -pour la thématique et la composition tout au moins- des grands maîtres de la Renaissance italienne qu’il révérait tout particulièrement…

La seconde période de l’artiste, commencée à Nancy avec un « Adam et Eve » monumental, offre des tonalités généralement plus claires, voire, pour les peintures créées en 2017 dans son nouvel atelier, beaucoup plus colorées. Les thématiques elles aussi « s’envolent » et prennent leur indépendance par rapport aux grands thèmes classiques : personnages dansants, se courbant, accompagnés d’oiseaux… nous ne savons  pas encore jusqu’où ils nous mèneront !…

Seule la technique, elle, est demeurée la même : impression de corps réels, corps de l’artiste et de ses modèles, dont la trace est composée par une longue méditation…

Traces qui constituent comme l’envers du vivant, empreintes qui jouent à apparaître et disparaître selon les jeux de la lumière, fantômes de corps qui peut-être s’offrent comme pendants aux fresques qui s’effacent dans les antiques églises d’Arménie !?…

Emmanuelle Costet

 

La Douëra – Du 5 au 27 mai 2018
Samedis, dimanches et jours fériés de 14h à 18h
Présence de l’artiste les dimanches et jours fériés

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